jeudi 8 mars 2007

Superwoman !


Tu arrives chaque matin à 5h15, jamais plus tard sinon tu cours toute la journée. Tu te réchauffes rapidement pendant deux minutes. Toujours les mêmes gestes. Tu commences par le cou, les épaules, les bras, ensuite la taille et les cuisses pour finir avec tes jambes et les chevilles. Tu cours rapidement sur place 20 secondes et tu pars les jambes à ton cou.

Courir vite pour oublier tous les tracas d’hier pour faire place à la nouvelle journée. Tu révises ce que tu as fait mais tu angoisses sur ce qui doit être fait. Hier en quittant le bureau tu n’as pas terminé le dossier que tu dois remettre aujourd’hui mais tu n’avais pas le choix la garderie ferme à 18hrs.

Tu es arrivé à la maison essoufflée d’avoir tant couru. La plus grande devait faire ses devoirs et tout le monde sait combien c’est important la première année, le petit dernier fatigué de s’être amusé toute la journée demande tes bras, entre les deux tu fais un souper rapide. Vous mangez vers 19h30, puis hop dans la douche la plus grande, dans le bain le petit. Caresse et mots d’amours pour ta chère fille, berceuse et beaucoup de patience pour ton bébé.

À 21hrs tous sont couchés mais toi tu dois faire une brassée quotidienne, ranger la vaisselle sale (vive le lave-vaisselle), plier les vêtements lavés la veille, préparer les lunchs, les vêtements pour le lendemain et finalement prendre un bon verre de lait avec tes biscuits préférés pour te relaxer avant le sommeil. Tu te couches, il est 23hrs.
Aujourd’hui la journée ne sera guère différente de la dernière. De retour à la maison à 5h50, tu réveilles les enfants puis pendant que la grande enfile son uniforme, tu prépares le déjeuner. Tu demandes à ton mari de se réveiller pour te donner un coup de main, tu t’impatientes de sa fatigue, de son quart de travail de soir qui t’embête. Pendant que tous déjeunent, tu prends ta douche rapidement, tu t’habilles, te coiffes, tu mets du déodorants pour t’empêcher de transpirer ton essoufflement.

Tu sors pour mettre tous les sacs dans la voiture familiale et ensuite tu installes les enfants puis tu pars dans le trafic métropolitain. Tu pestes contre les autres voitures qui avancent lentement, trop lentement. Tu te calmes en faisant la conversation avec ta fille, tu joues à la devinette. Et hop à l’école la plus grande, à la garderie le petit. Silence. Réflexions. Le stress est déjà réveillé.
Tu arrives à ton bureau avec six minutes de retard. Ton patron ta déjà laissé un message, il fera encore une petite remarque sournoise. Le tourbillon professionnel recommence. Tu aimes ton travail, tu te sens parfois indispensable, danger. Les opérations quotidiennes sont comme toujours ponctué d’imprévu. Tu manges sur le pouce en tapant d’une main sur le clavier.

Ton mari t’appelle, tu n’as rien à dire depuis longtemps, tu ne sais plus quoi dire à part qu’il doit vider le lave-vaisselle, sortir le poisson pour le souper et que tu es bien occupée. Tu raccroches, puis tu regrettes de ne pas lui avoir dit que tu aimerais tout laisser tomber pour tout oublier dans ses bras, tu t’ennuies. Ton téléphone sonne et la journée continue. Mais où est-ce que tout le monde s’en va ? Il est 17 hrs. Merde! Tu fermes ton fichier et tu pars.

Tu dévales les marches dans la cage d’escalier car prendre l’ascenseur te stresse et te fait ruminer d’impatience. Tu arrives à 18hrs piles au service de garde. Arrivée à la maison à 18h20, tu fulmines contre ton mari, il a oublié de sortir le poisson. Tu tentes de te calmer entre les cris d’impatiences du petit et le questionnement interminable de la plus grande.
Vivement le jogging du matin, qui te permettra de retrouver ton silence intérieur assourdi de tes pensées.
Demain tu reviendras courir dans le parc du quartier, tu prendras le sentier qui longe le cours de la rivière et qui revient par le boisé. Tu laisseras le son du vent et le piaillement des oiseaux dérangés tes angoisses.
Après tout tu es une superwoman!
Tu ?
Je !
Je suis une superwoman!


P.S. La journée internationale des femmes à encore sa raison d'être !

2 commentaires:

Anonyme a dit...

Franchement, j'adore ce texte. Toutes les femmes se reconnaîtront un peu. Tu as vraiment du potientel pour faire passer tes sentiments Patricia.

Annabelle a dit...

Ouf! Et pourtant, cette course perdrait tout son sens si nous n’avions pas nos familles… Joyeux anniversaire en retard à nous toutes.